🎬 Danielle Simonnet : “Il y a besoin d’une opposition de gauche à Paris”

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SOURCE : Regards

Elle vient d’être réélue dans le 20ème arrondissement et siègera seule au Conseil de Paris, dans l’opposition à Anne Hidalgo. Quels sont ses désaccords avec la majorité municipale (PCF-EELV-PS) et quelle opposition construire à Paris ? Danielle Simonnet, conseillère de Paris FI, est l’invitée de #LaMidinale.

ET À LIRE…

 Sur la défaite de Frédérique Calandra, maire sortante du 20ème 
« Il y avait un ras-le-bol de la population par rapport à la manière dont Frédérique Calandra gérait la municipalité. »
« Frédérique Calandra a beaucoup de mal à être en empathie et à entendre et comprendre ce qui se passe dans son arrondissement. »
« Elle est restée cohérente quant à sa trajectoire. Elle était dans le courant de Dominique Strauss-Kahn, proche de Manuel Valls. C’est assez cohérent qu’elle ait rejoint la République en marche et le Printemps républicain. »
« Elle instrumentalise la laïcité -- elle ne défend pas la laïcité -- pour faire croire qu’il y a des islamistes partout et ça a été très mal perçu par les quartiers populaires du XXè arrondissement. »

 Sur l’abstention à Paris 
« L’abstention dans toute la France montre qu’on est dans une crise démocratique profonde, celle de la Vè République. »
« L’abstention est socialement marquée : les classes populaires ne se sentent plus représentées. »
« Pendant la campagne électorale, j’ai senti qu’il y avait un sentiment d’abandon de la part des quartiers populaires. »
« A Paris comme ailleurs, ce sont les plus diplômés et les cadres qui sont allés votés. C’est une démocratie qui bascule vers le suffrage censitaire. » 
« Anne Hidalgo ne se préoccupe pas des classes populaires qui ne sont pas allés voter. »
« Anne Hidalgo est la candidate de l’entre-soi de ceux qui ont les moyens de vivre à Paris. »

 Sur la solitude de Danielle Simonnet au Conseil de Paris 
« J’ai gagné des batailles dans le mandat précédent. En m’appuyant notamment sur les luttes locales, les associations. »
« À Paris, j’ai un rôle de lanceuse d’alerte pour donner de la voix à ceux qui n’en ont pas. »
« Mon rôle, c’est d’encourager l’auto-organisation dans les quartiers pour tout un tas de combats. Sur les violences policières ou l’accès au logement. »

 Sur les désaccords avec Anne Hidalgo 
« Je suis contre l’installation d’une police municipale que défend Anne Hidalgo. »
« On a besoin de mettre les moyens dans les associations, pour le travail de terrain, sur la question sociale et l’accès au droit et pas de continuer à gravir les échelons dans la dérive sécuritaire. C’est tout cela qui, pour moi, va être les gros points de vigilance. »
« Je vais aussi être très vigilante sur la question des services publics puisque Mme Hidalgo a privatisé tous azimuts dans la précédente mandature. »
« L’Hôtel-Dieu doit redevenir un hôpital malgré l’objectif de touristification d’Anne Hidalgo pour le quartier. »

 Sur le bilan du scrutin municipal 
« Il n’y a pas une vague écolo dans tout le pays. Il y a quelques villes qui le sont devenues mais la grande partie des mairies restent PS ou LR. Il y a un effondrement de la macronie et le RN voit son nombre d’élus divisé par deux et il y a toujours une crise du PCF qui recule. »
« Dans un certain nombre de grandes villes, une partie de l’électorat qui avait basculé la République en marche revient à un vote écolo- sauf à Paris où cela se traduit par un vote Anne Hidalgo. »

 Sur l’écologie à Paris  
« Anne Hidalgo a capté le discours d’EELV. Mais on reste sur une écologie qui s’attaque aux symptômes et pas aux causes. »
« Le premier problème à Paris, c’est la spéculation. C’est parce qu’il y a un million de personnes qui viennent travailler à Paris chaque jour sans pouvoir y vivre, qu’il y a tous ces déplacements contraints. Les distances domicile/travail s’éloignent. »
« Pendant le confinement, ceux qui étaient contraints de venir à Paris pour aller bosser étaient les soignants, les caissiers, les éboueurs. Les métiers essentiels étaient occupés par des personnes qui n’ont pas les moyens de vivre à Paris. »
« La bataille, c’est de réintégrer dans Paris ceux qui font la ville. Cette question sociale est toujours occultée par EELV et Anne Hidalgo. »
« La maire de Paris vend aux intérêts privés du foncier pour qu’ils bétonnent. Les écologistes ont occulté tout ça. »

 Sur la chute de LFI depuis la présidentielle 
« Pour la présidentielle, il faut une candidature qui soit capable de mobiliser les classes populaires et d’incarner un radicalité qui permettrait de redonner l’espoir de tout changer. »
« Nos électeurs ne sont pas perdus. On voit bien que le tournant se fait au moment des perquisitions. Ça a été une déflagration et c’est pour ça que le pouvoir l’a mis en place. »
« On a une difficulté dans les élections intermédiaires à gagner une légitimité. »

 Sur les relations avec le PCF et EELV à Paris  
« Les communistes et les écologistes sont contre la police municipale. Et ils sont prêts à dénoncer les violences policières. Donc, par opportunisme électoral, ils ont décidé de se mettre un bâillon mais il va bien falloir qu’ils disent ce qu’ils en pensent. Ils ont été très silencieux sur le sujet. Je ne suis pas dans une opposition à eux mais dans une opposition à la police municipale. Je veux essayer de travailler de nouveaux axes sur ces sujets-là. »
« Je demande au PCF et à EELV : est-ce que vous allez garder votre liberté ? »
« Si les communistes et les écologistes continuent à être dans l’ambiguïté, ils vont désespérer les luttes. »
« Il y a besoin d’une opposition de gauche à Paris. Les écologistes, les communistes, Génération.s, auraient dû accepter d’être dans une démarche citoyenne d’opposition. Ce sont les contenus qui doivent dicter notre stratégie et pas l‘opportunisme du nombre d’élus à conquérir. »

 Sur l’enquête préliminaire qui vise la France insoumise 
« C’est de l’acharnement. »
« Heureusement que LFI est solidaire vis-à-vis des siens. »
« C’est un épisode de plus du parquet pour pouvoir nous salir. C’est grave. »
« Il y a une stratégie de dénigrement par le biais de la justice. »
« Le point de départ du dossier judiciaire est toujours aussi vide. Il n’y a rien sur le fond du dossier mais on est à chaque fois sur des rebondissements de l’affaire de l’affaire dans l’affaire… »


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