Coronavirus : Macron préfère l’armée à la santé

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SOURCE : NPA


 

Dans son discours du 25 mars au soir, Emmanuel Macron n’a de nouveau annoncé aucune mesure concrète pour la santé et pour faire face à la crise économique. Sa seule annonce réelle est le déploiement de l’armée, avec ce qu’il a appelé l’opération « Résilience ».

La mise en scène du discours, devant des tentes, sert à habituer à une ambiance de guerre, comme l’appel renouvelé à l’unité nationale. Et bientôt le couvre-feu, comme c’est déjà le cas dans plusieurs communes, et le déploiement massif de l’armée ? Ces mesures ne permettent pas réellement de barrer à la route au coronavirus. Elles servent surtout pour le pouvoir à anticiper les contestations de sa politique.

En effet, différents rapports montrent que le gouvernement savait et n’a rien anticipé. Une chronologie publiée par la revue la Vie des idées1 rattachée au Collège de France, montre à quel point les informations étaient disponibles. Elle montre d’ailleurs également l’efficacité des politiques de tes massifs, comme en Chine.

Après dix jours de confinement, le gouvernement n’a toujours rien à dire sur le déblocage de moyens pour réaliser massivement ces test, pour fournir des masques, du gel hydroalcoolique en quantité suffisante et des appareils respiratoires pour les hôpitaux. Il ne fait que renforcer sa version du confinement, s’enfonçant dans une vision particulière de la crise, presque uniquement répressive. Et les dégâts sont inévitables et connus de touTEs : sans mesures sanitaires, sans mesures pour arrêter la production dans les grandes entreprises non indispensables, la crise économique et sanitaire ne peut que se renforcer. Les précaires et les petites et moyennes entreprises seront les premières à subir la crise, puis ce seront les plus grandes.

Tandis que des personnes âgées, dans les Ehpad notamment, commencent à subir en masse les effets du virus. Il est absolument indécent que Macron débloque des moyens pour l’armée et, “en même temps” félicite les personnels de santé qui se battent pour sauver l’hôpital… que son gouvernement et les gouvernements précédents s’évertuent à casser ! Il est bien obligé de promettre des primes et revalorisations, mais ne donne pas de chiffre… alors qu’il était capable d’annoncer des centaines de milliards pour les banques.

Ce sont des mesures sanitaires dont nous avons besoin, de toute urgence : la réquisition des entreprises de la santé pour produire massivement des masques, des tests et respirateurs pour les hôpitaux, des embauches massives et immédiates pour les hôpitaux publics, la réquisition des cliniques privées, l’arrêt des productions non indispensables, avec maintien des revenus et salaires.

À l’heure où, anticipant la crise économique, même le Medef parle de nationalisations – ce qui signifie qu’il anticipe une crise de grande ampleur, avec des dégâts considérables dans des secteurs clé de l’économie – il faut fermer les bourses et saisir les banques et réquisitionner des grandes entreprises. Sans de telles mesures, la crise financière va s’accélérer et conduire à la faillite et/ou à des suppressions d’emplois massives, qui risquent elles-mêmes d’aggraver encore la situation.

Antoine Larrache


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